Les poèmes du chemin

📖 Extrait du livre 66 jours vers le champ des étoiles : Là-haut, au cœur de cette chapelle suspendue, deux arches romanes éclairées d’une lumière douce, tamisée par des fenêtres romanes percées dans le mur épais, mettent en valeur un autel en pierre orné de trois arcs remarquables et empreint de solennité… Sur cet autel repose une multitude de fragments de papier jaunis et superposés, témoins silencieux du passage des pèlerins. Des mots manuscrits, dont l’encre parfois s’efface, porteurs d’espoir et de foi, y sont déposés. On y implore la paix, la santé, le réconfort face à la perte d’un être cher, ou encore des grâces en lien avec des aspirations spirituelles profondes. Ces douleurs, ces souhaits, ces espérances mettent à jour l’humanité des femmes et des hommes qui les ont inscrits en silence et déposés ici.📍 Autel de la Chapelle Haute de l’église Saint-Pierre de Bessuéjouls

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LES INTENTIONS

Sur le chemin de Compostelle, les pèlerins

Marchant lentement, cherchent leurs traces immortelles

Que voulez-vous y trouver dans ce monde réel ?

Le réconfort, la paix, le plaisir, le divin,

Vos pensées expriment les douleurs de votre vie,

Vos intentions parlent sur des papiers anodins,

Sur les autels des jolies chapelles du chemin,

Révélant vos peines, vos souhaits et vos envies,

Mais, dans tous les cas, ce sont des messages d’amour.

Ce que vous avez caché se montre là, à nu,

Vos mots sont chargés d’espérance et de vertu,

Comme du verre brisé, ils sont coupants, sans recours.

Que vos touchantes intentions puissent être accordées

Par celui auquel vous les adressez en chrétien

Soignez votre esprit par les bienfaits du chemin

Pour que la nature vous recouvre de sa beauté

ℹ️ Écrit en septembre 2024

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Les amants du Célé

Ils étaient là, sur le bord de l’eau, rêvant

Leur silence vagabondait dans l’onde.

Ils étaient là sur le bord de l’eau, pensant

Pour que leurs pensées ensemble se fondent

Le Célé s’écoulait, tournoyant lentement

Ils étaient là sur le bord de l’eau s’aimant

ℹ️ Écrit en septembre 2024

📍 Le Célé
📍 Le pont Valentré à Cahors

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CAHORS

Et tout à coup les bruits de la ville

Me déchargent de mon silence

Et le pont Louis-Philippe

M’ouvre l’espace de la cité,

Ainsi, à l’octroi, un tampon

Sur ma crédencial, j’obtins.

Le retour au silence se fit

Par le pont Valentré

M’ouvrant de nouveau

Le chemin interrompu

ℹ️ Écrit en octobre 2024


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Le sac à terre

Le sac à terre, les pèlerins du chemin s’enlacent.

Le sac à terre, les pèlerins s’embrassent.

Se regardant dans les yeux amoureux l’un de l’autre.

Les pèlerins sur la route s’étreignent

Pendant que moi, le cœur solitaire, je passe

Debout, corps contre corps, ils échangent leur tendresse.

Les yeux fermés, lèvres contre lèvres,

Un long moment les berce

Ils ne veulent rien d’autre que leurs baisers

Les amoureux du chemin ont trouvé leur voie, la voie des caresses,

Car refusant que rien ne cesse,

Et qu’au bout du chemin, vive leur amour

Qui les suivra pour toujours, comme une éternité dans l’instant.

ℹ️ Écrit en octobre 2024


📖 Extrait du livre 66 jours vers le champ des étoiles : En poursuivant ma route, je vois deux personnes qui s’enlacent et s’embrassent tendrement, leurs sacs déposés au sol. Ils se moquent bien du passage des autres.
📍Place de l’Obradoiro – Saint-Jacques-de-Compostelle.

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Le Champ des étoiles

Je laisse mes traces dans le sable

Et la mer les efface

Je laisse mes traces sur le chemin

Et la pluie les efface

Je laisse mes traces en ce monde

Et la mémoire les efface

Au champ des étoiles je renais et le monde

Ainsi me remplace

ℹ️ Écrit en octobre 2024


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CLARTÉ

J’ai voulu une clarté,
plus belle au jour qui se lève.
Ainsi, la nuit qui s’achève
est complice du bel été.

Car à l’immense univers,
je veux adresser ces mots,
pour que de vastes flambeaux
en moi, illuminent ma prière.

À jamais, et au-delà
de ce qui fait tous les êtres,
pour que règnent alors en maître
sur nous, tous ces beaux éclats.

Ceux-là qui font toutes choses
plus belles, et encore sensibles,
telle une émotion paisible
d’un poème où elle se dépose.

ℹ️ Écrit en 1995


📍Fisterra – Le bout du monde.
📍Ponte Maceira – La rivière Tambre

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LA RIVIERE

Mon bras dans l’eau se fond,
La rivière impassible
Ouvre l’onde sensible
Qui s’éloigne en rond.

Une ramure caresse
De son ombre la surface
Limpide, ainsi s’efface
Les reflets qui paraissent.

Et plus rien maintenant
Ni ne parle et n’existe.
La confusion persiste
Au charme d’un instant

Et l’esprit se dissout
Absorbé du fluide
Qu’une main nue candide
Baigne dans le temps si doux.

Mais des flots se refait
L’entente une initiale,
De cet être spatial
Qui fût et là renaît

Dans le jour qui s’étire
Au calme de l’été
Donnant la liberté
A ce cœur qui soupire

Ma pensée se disperse
Au sein de la nature
Et je suis la ramure
Sous l’ombre qui me berce

ℹ️ Écrit en 1995


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Fisterra : Le bout du monde

Sur le sol de ce long sentier, mes pas résonnent,
Le temps, complice discret s’étire à l’infini.
Perceptiblement, le silence en moi détonne,
Comme un son imaginaire dans ce paradis,

Où l’espace avec sa douce main m’enveloppe,
Je ne marche plus, et en rêvant, je m’élève
Mes pensées se révèlent et se développent,
De mon moi s’écoule tendrement une sève,

L’existence persistante de mon être prend sa forme
Irréelle, et doucement se métamorphose,
Les pas de mon cheminement me transforment,
L’ancien temps s’évanouit et se décompose.

ℹ️ Écrit en novembre 2024


📍Fisterra – Le bout du monde.
📍Les eucalytus entre Fisterra et Muxia.

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Sous les eucalyptus

Las ; traversant la forêt galicienne,
Les eucalyptus séduisent mon regard ;
Mes pensées alors s’envolent, s’égarent
Au coeur d’une canopée aérienne.

Un labyrinthe de colonnes exotiques
Masque au loin mon horizon évanoui ;
Dans cet espace étroit où je suis conduit,
S’impose une nature douce et poétique.

Sentinelles muettes, elles arrêtent mes pas ;
Leurs écorces se desquament en longues peaux,
Vertes et grises, glissant au sol en lambeaux,
Comme une lente mue s’opérant sous mes pas.

Au-dessous demeure un tronc tenace et lisse,
Debout, silencieux, veillant sans mouvement ;
Il s’impose en moi comme un signe présent,
Dans mes pas une ombre délicate se glisse.

Ce qui semblait finir renaît plus ferme ;
Les eucalyptus m’ont rendu plus fort.
Je reprends le chemin avec effort,
Parmi les effluves camphrées qui s’affirment.

ℹ️ Écrit en novembre 2024